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La licorne arc-en-ciel

La licorne arc-en-ciel

Rebecca Viens, CEA, Notre-Dame-des-Bois

Il s’appelait Ted, à un mur adossé
Dans une ruelle délabrée, on pouvait le trouver
Personne ne portait attention
À ce garçon perdu dans ses illusions.

Pas même son père qui rêvait d’être millionnaire
La triste affaire…
En toute béatitude il somnolait
Loin des meutes qui le surnommaient « le niais ».

Dans un nuage soporifique
Il attendait la venue mirifique
De la licorne arc-en-ciel qui, chaque fois,
L’emportait plus loin des villes, plus loin des bois.

Il l’avait découvert
Un soir d’hiver
Alors que, rongé par la solitude
Il cherchait un semblant de quiétude.

En son esprit résonnait la voix de son père
Encore et toujours plus amère :
Pour être un gagnant
Tu dois être un battant !

Il ne supportait plus d’être le timide,
Le faible, le placide
Ouvrir la bouche était un défi
Et il n’avait jamais su se faire d’amis.

Peu à peu gagné par le désespoir
Il déambulait dans le noir
Il s’arrêta dans la ruelle, hésitant
Puis se dirigea vers son tournant.

Là où se cachent les vautours
Là où il ne faut pas faire de détours
Pour la première fois, il goûta au bercement
Des illusions, au calme de ses tourments.

La licorne arc-en-ciel, de son regard hypnotique
Le dirigeait dans un merveilleux songe féérique
Les journées passaient comme des secondes
Et pendant que tournait le monde,
Ted ne s’alimentait plus que d’euphorie
Dans une agréable torpeur, il s’affaiblit
Devenant chaque jour plus vacillant
Chaque jour plus transparent.

J’ai vu le soleil se lever malgré cette vie éteinte
Que la licorne avait emporté dans une fatale étreinte
J’ai vu venir la licorne qui prend les vies,
Ce spectre qu’on appelle toxicomanie…

Et je n’ai pas su quoi faire,
Elle est là, elle a gagné notre ère,
À l’affût des chagrins,
Se nourrissant de lendemains.

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