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Écrire

Écrire

Par Coralie Lemieux-Pouliot, CECLM, Lac-Mégantic

Un jour, on m’a demandé ce que je voulais faire, je leur ai répondu que je n’en avais aucune idée. On m’a bien fait comprendre que cette réponse-là n’était pas acceptable, alors j’ai dû trouver quelque chose de mieux. Parce que ne pas savoir, c’est épouvantablement insécurisant. Ça hante ton esprit, ça angoisse ton âme, ça pétrifie ton être. Ne pas savoir, c’est pire que savoir et se tromper. Parce que lorsque tu te trompes, ça signifie que tu as au moins tenté quelque chose. Et quand tu ne sais pas, tu ne tentes rien.

«Écrire», ai-je répondu. C’était une réponse floue et spontanée, une réponse un peu vide de sens pour certains. Mais au moins, maintenant, je savais.

On m’a demandé d’écrire, alors je me suis assise devant mon ordinateur et j’ai placé mes doigts près du clavier. J’ai pensé longuement et je me suis rendue à l’évidence; je ne savais pas quoi écrire. Peut-être parce qu’on me demandait de le faire. Peut-être parce que je n’avais rien à dire, rien à raconter, rien à inculquer.

On m’a demandé pourquoi je voulais écrire. J’ai répondu qu’écrire était ce qu’il y avait de plus vrai et qu’étant la plus vieille méthode de communication que l’humain avait pu découvrir, il n’y aurait jamais rien de mieux pour s’exprimer.

Alors on m’a demandé encore d’écrire. Mais écrire quoi? Écrire à qui? Écrire pourquoi? Je ne pouvais pas, moi, petite fille perdue et insignifiante, donner de sens à un bout de papier que le monde allait juger et décortiquer. Mais il le fallait. Je le devais.

Alors j’ai écrit. J’ai écrit pour faire cesser de tourner jour et nuit les milliers de mots dans ma tête. J’ai écrit pour avoir l’impression d’exister. J’ai écrit pour avoir l’impression d’être quelqu’un. J’ai écrit pour me sentir mieux, pour me prouver que j’y arriverais, pour cesser d’avoir peur. J’ai lancé une multitude d’idées, j’ai écrit des fragments de poèmes, des bouts de chansons, des mots tabous et des lignes innocentes, juste parce que ça faisait du bien. Parce que pour la première fois, je savais tout. Je savais ce que je faisais, pourquoi et comment je l’écrivais. Parce que même si c’était mauvais ou impossible à comprendre, ça venait de moi et de ma tête trop souvent remise en question. Et pour la première fois, j’ai senti que j’avais le véritable contrôle sur ma vie, sur les mots et sur tout ce qui allait arriver.

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