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L’eau « durable »

L’eau « durable »

Par Skye Cerrelli, DEP en taille de pierre, Lac-Mégantic

J’aimerais parler de l’eau. Elle est essentielle et omniprésente. Il est bien connu que 97 % de l’eau sur notre terre est salée et 2 % est gelé dans les pôles. On doit désormais partager le 1 % qui reste entre tous les êtres terrestres vivants. De plus, ce 1 % n’est pas également distribué. On est chanceux au Canada d’être riche en ressources naturelles, y compris l’eau, l’une des ressources essentielles pour la vie. Il est facile de prendre l’eau pour acquise, mais il ne faut surtout pas; selon le philosophe Grec Heraclitus : « seul le changement est constant dans la vie » et le futur de l’eau en abondance, disponible à tous, est précaire. Vivre d’une manière conservatrice au niveau individuel et avoir en place les lois et règlements qui supportent l’eau  « durable » n’est pas juste avantageux, mais essentiel.

Étant de l’Ontario, j’apporte une perspective un peu différente. En Ontario, on est facturé pour l’utilisation d’eau, chaque litre qu’on utilise (ou n’utilise pas) fera sa marque sur la facture. Je vois qu’ici l’utilisation de l’eau n’est pas facturée du tout. Ma mentalité sur mon usage modeste s’est changée inconsciemment pour le pire. Il m’était immédiatement apparent que certaines personnes ne se souciaient pas de leur consommation du tout. Ils n’ont aucune crainte de laisser un robinet couler ou d’avoir une baignoire qui fuit goutte à goutte. En travaillant, je vois la même chose dans les usines, mais à une échelle plus grande. Quand la valeur d’une ressource est méconnue de cette manière, il est facile de la négliger ou de la tenir pour acquise.

Au niveau mondial, ça consomme de plus en plus comme les Américains. L’augmentation mondiale de la consommation de la viande et l’essor des économies moins développées, la population grandissante et la fabrication sont quelques indications de cette hausse. Tout ce développement est soutenu par cette ressource peu visible et dont le sujet est rarement soulevé : l’eau. Mais l’eau se fout de l’essor humain et L’Unicef estime qu’en 2040, la plupart des grandes villes seront en train de subir des crises liées à l’eau. Mais les défis concernant l’insuffisance d’eau en 2040 sont plus faciles à négliger parce que nous sommes des humains et que nous sommes myopes, sauf qu’il ne faut pas attendre ni regarder bien loin pour voir les traces de cette pénurie. Il y a de nombreux exemples immédiats et poignants où la menace d’un manque d’eau s’élève peu à peu : Londres, Beijing, Miami, Istanbul, Tokyo, Le Caire, Moscou et Mexico sont quelques grandes villes qui souffrent actuellement de l’insatisfaction de leurs besoins selon la BBC. Mais pour cet exercice, on va brièvement regarder Sao Paolo au Brésil (et un cas similaire en Californie).

Les facteurs qui entraînent une insuffisance d’eau sont divers : la consommation, l’épuisement des réserves aquifères, la négligence (ne pas réparer les tuyaux en fuite) par exemple. Mais pour la Californie et Sao Paolo, c’était quelque chose de complètement inattendu – les changements météorologiques. Goldman Sachs estime que le Brésil contient 13 % de l’eau au monde, mais en 2015 les résidents de Sao Paolo devaient attendre en file pour se procurer l’eau dans des camions. Qu’est-ce qui s’est passé? Selon Rob Curran, de Fortune.com, en 2013-2014, ils ont vu la disparition de leur saison de pluie et ça n’a pris que deux années pour l’épuisement total de leurs réserves, qui paraissaient jusqu’à ce jour inépuisables. Fin 2015, ils ont finalement eu de la pluie, mais avec une réserve de 19 %, ça demeurait instable. C’est épeurant, parce qu’ensemble, le Brésil et les États-Unis sont tellement riches en eau qu’ils contrôlent environ 1/5 de l’eau potable mondiale. Leur richesse en eau est comparable à la nôtre au Canada et pourtant, ils ne sont pas exemptés d’une crise. Le manque de prudence de la part des membres du gouvernement et une culture de surconsommation ont accentué les crises au Brésil et en Californie. 

Mais ce ne sont pas que de mauvaises nouvelles, il est possible de changer notre consommation. Le Cap, une ville importante en Afrique du Sud, voyait l’infâme « jour 0 » où l’eau ne serait plus disponible au peuple et que les citoyens devraient faire la queue pour récupérer les rations d’eau. La série documentaire Explained explique dans son documentaire « The World’s Water Crisis » que, vu la situation qui sévit, la population s’est mobilisée pour diminuer sa consommation. Cela a fonctionné au point de diminuer leur consommation de 1,2 milliard de litres en 2014 à 516 millions de litres en 2018. Grâce à l’initiative collective, le peuple a pu se soustraire à une situation peu propice et ainsi éviter le « jour 0 ».

Au Canada, on utilise des quantités effrayantes d’eau. Il est estimé qu’un humain peut vivre avec 60 litres par jour. Les Canadiens sont les deuxièmes consommateurs d’eau en importance derrière les Américains avec en moyenne 329 litres par jour, selon Statistique Canada. Mais qu’est-ce qu’on peut faire? On doit supporter les membres du gouvernement qui peuvent et/ou veulent faire des investissements pour de futures infrastructures et la règlementation de l’eau. Réduire notre impact personnel est énorme alors que ne pas gaspiller de l’eau dans la vie quotidienne est évident, mais il faut aussi commencer la discussion. Ça comprend de poser des questions, même plus, faire des suggestions au niveau municipal au sujet de l’infrastructure et de la consommation.

Le truc c’est de reconnaître la valeur de l’eau avant qu’il n’en reste plus. Il est bien facile de prendre pour donner ce qu’on semble détenir à profusion, mais la seule chose qui reste constante c’est le changement. Encourager les entreprises et politiciens à faire leur part, supporter la législature qui punira le gaspillage et facilitera la conservation seront parmi les meilleurs moyens de protéger ce qu’on a aujourd’hui et de se préparer pour le futur.

 

Scharp, Cecilia, et al. « Thirsting for a Future. » Unicef.org, Mar. 2017, www.unicef.org/publications/files/UNICEF_Thirsting_for_a_Future_REPORT.pdf.

“The 11 Cities Most Likely to Run out of Drinking Water – like Cape Town.” BBC News, BBC, 11 Feb. 2018, www.bbc.com/new/world-42982959.

Curran, Rob. “How on Earth Are Two of the Most Water-Rich Nations Having H2O Crises ?” Fortune, fortune.com/2015/04/06/brazil-california-water-crisis-drought/.

Posner, Joe. “Explained.” IMDb, IMDb.com, 23 May 2018, www.imdb.com/title/tt8005374/.

Statistics Canada. “Canada at a Glance, Environment Edition Water.” Water, 26 Oct. 2017, www150.statcan.gc.ca/n1/pub/12-581-x/2017001/sec-1-eng.htm.

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